Décryptage – Imogen Cunningham : légende, photographe et engagée
Dans cet épisode de Décryptage on vous présente en quelques lignes la vie palpitante d’Imogen Cunningham. Photographe américaine de génie, féministe et artiste philosophique. Petite plongée dans l’histoire.
Imogen Cunningham c’est 70 ans de photos, véritable monument, elle constitue un tournant dans l’histoire de la photographie et notamment pour les femmes photographes.
Elle nait en 1883 à Portland en Oregon, mais c’est à San Francisco qu’elle passera une majeure partie de sa vie. Ainée d’une fratrie de six, elle est très tôt confrontée à la difficulté financière de sa famille. Son père est, selon ses dires, un homme assez excentrique, il lui fait l’école jusqu’à l’âge de huit ans, très indépendant et attaché à la liberté de pensée il l’a plonge dès son enfance dans un état d’esprit très pragmatique et libre-penseur. Après le lycée, elle continue à l’université et commence des cours de photographie, à 22 ans elle reçoit son premier appareil photo et à la fin de ses études elle aménage un petit studio d’art à Seattle.
Son engagement féministe : “la Photographie est une Profession”
À 30 ans elle publie un Manifeste intitulé : Photographie, une Profession pour les Femmes. Elle l’a toujours affirmé, pour elle, la photographie est une profession et en tant que telle, elle est accessible aussi bien aux hommes qu’aux femmes. La photographe luttera toute sa vie pour cette idée, éduquant et donnant des cours aux jeunes femmes qui veulent faire de la photographie. Elle photographie aussi de nombreuses artistes, pour promouvoir leurs travaux, dont la très célèbre Frida Kahlo. L’artiste y explore souvent un sentiment indicible entre artiste et oeuvre, lien philosophique entre création et créateur.
Son travail esthétique : street photography, nus, fleurs, artistes et portraits
Adepte du nu, la photographe expérimente beaucoup et ça choque. Elle retirera certains de ses négatifs de la circulation pendant plus de 50 ans. Elle photographie les corps nus des hommes comme des femmes, ce qui est à l’époque tout à fait incongru et inacceptable. Elle aime travailler les corps comme des tableaux, faisant ressortir les formes. Anonymes et sublimes, ces portraits corporels sont d’une simplicité et d’une pureté fabuleuse.
Au niveau esthétique, cette lectrice assidue de Vanity Fair est absorbée par les portraits de célébrités du magazine. Elle-même engagée par le magazine elle photographie une bonne partie des stars de l’époque comme Cary Grant, James Cagney, Spencer Tracy, Frances Dees…
Elle travaille aussi sur des photos botaniques de fleurs, notamment pour illustrer Vanity Fair. Ces fleurs, photographiées de très près, sont très souvent rapprochées des oeuvres de Georgia O’Keffe. Elle y explore la sensualité, la subtilité des pétales et le mystère de leurs présence.
Imogen Cunningham c’est aussi de la photographie de rue, c’est même une des pionnières du style. Elle adore se balader dans les rues et prendre en photo tout ce qui se passe devant elle. Le quotidien des passants et les trottoirs animés sont un merveilleux terrain de jeux pour l’artiste.
La consécration : le Groupe f/64, la fondation Cunningham et la bourse Guggenheim
En 1931, elle et son mari, George Roy Partridge, lui aussi photographe, ainsi que quelques proches fondent le Groupe f/64. Les membres veulent créer des photos pures, non manipulées, sans retouches et sur papier brillant. Le groupe n’expose qu’une fois mais n’en devient pas moins légendaire. C’est la première consécration de l’artiste.
La deuxième arrive beaucoup plus tard dans sa carrière, l’artiste accède à une bourse du Guggenheim pour réaliser un énorme travail d’archivage de ses propres photos. Grâce à la bourse elle réalise également un documentaire et publie une monographie. Suite à ce travail d’archivage et de documentaire, elle crée en 1975 la fondation Imogen Cunningham.
Propos de Emma Gontier
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